You are here

Le Fonds « Migration et développement » de la Banque africaine de développement (FMD)

Mobiliser les ressources des migrants en faveur du développement en Afrique

La réduction du coût des envois de fonds des migrants et la mobilisation de ces ressources pour compléter les autres sources de financement pour le développement du continent africain retient depuis plusieurs années l’attention de la Banque africaine de développement. La BAD a ainsi apporté son soutien à diverses initiatives dans ce domaine, y compris à l’étude récente de la Banque mondiale « Démultiplier l’impact des migrations pour l’Afrique ».

La création du Fonds « Migrations et développement » (FMD) répond à cette préoccupation et témoigne d’une volonté d’explorer d’autres voies et moyens pour mobiliser les ressources des migrants et les exploiter dans le meilleur intérêt des bénéficiaires et des migrants eux-mêmes tout en les mettant au service du développement des pays récipiendaires. Le FMD est un fonds fiduciaire d’une dotation initiale de 6 millions EUR soutenu par la France et le FIDA.

Résultats du premier appel à propositions

Le premier appel à propositions lancé en décembre 2010 concernait la sélection de projets dans trois grands domaines. La première catégorie « Mise au point de nouveaux produits financiers » comprend les projets d’élaboration et de mise à l’essai de produits financiers innovants visant d’une part à élargir l’accès des migrants et des bénéficiaires des envois de fonds à des services répondant à leurs préférences, attentes et capacités et, d’autre part, à promouvoir le rôle des organismes de microcrédit dans les opérations de transfert d’envois de fonds. La deuxième catégorie baptisée « Appui à l’investissement productif » concerne les projets dont l’objectif est de renforcer et de soutenir la participation des entreprises et des associations gérées par la diaspora dans des projets d’investissement financier. Enfin, la catégorie « Appui au développement local » est réservée aux projets sans but lucratif qui visent à renforcer et à soutenir le développement social dans les communautés locales.

Le premier appel à propositions de décembre 2010 qui visait l’Afrique du Nord, de l’Ouest et l’Afrique Centrale a récolté plus de 220 candidatures.

Une série de subventions ont été approuvées pour co-financer six initiatives en Afrique du Nord et de l’Ouest, notamment en Algérie, au Bénin, en Côte d’Ivoire, au Maroc, au Togo et en Tunisie. Quatre sont situées au Maghreb et soutiennent l’investissement privé et mettent en œuvre des activités de renforcement des capacités soutenues par la diaspora. L’objectif est de développer l’entrepreneuriat local et les petites, moyennes et micro-entreprises dans les zones défavorisées et rurales afin d’améliorer l’accès à l’emploi des jeunes et des femmes. En Côte d’Ivoire, l’initiative a pour but de promouvoir la responsabilité sociale des entreprises. Enfin, le projet portant sur une zone couvrant à la fois le Bénin et le Togo vise à développer de nouveaux produits financiers, tels que la biométrie et les services bancaires électroniques, pour favoriser l’accès aux services financiers dans les territoires isolés.

Dans une deuxième phase qui débutera en août 2011, le Fonds élargira son champ d’intervention à l’ensemble du continent africain (y compris Afrique de l’Est et Afrique australe).

Améliorer la connaissance et le fonctionnement des marchés des envois de fonds

À côté de ces appels à propositions, le FMD soutient, via des procédures spécifiques, des activités dans deux autres domaines clés : l’amélioration de la connaissance sur les envois de fonds en Afrique (c.-à-d. topographie des envois de fonds) et l’appui aux réformes des cadres règlementaires et des services des opérateurs impliqués dans les transferts d’envois de fonds. Par le biais d’une révision des cadres législatifs, de l’amélioration des services et de la réglementation applicable aux opérateurs, organismes de microcrédit et autres intermédiaires de transfert d’argent, les projets appartenant à cette catégorie entendent renforcer les marchés financiers d’Afrique pour, au bout du compte, le plus grand bénéfice des migrants et des récipiendaires.