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Déclaration de pré-sommet du PE-PAP

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Date de publication: 
27/11/2010

Réunis à Tripoli, en Grande Jamahiriya Arabe Libyenne Socialiste et Populaire le 27 Novembre 2010 à la veille du Troisième Sommet Afrique–Europe, Nous parlementaires représentant les Parlements panafricain et Européen, investis du rôle de supervision, avons passé en revue les progrès réalisés et les étapes franchies en matière de mise en œuvre de la Stratégie Afrique – Europe depuis le dernier Sommet tenu à Lisbonne, Portugal les 8 et 9 Décembre 2007.

Forts de notre engagement à établir un partenariat solide entre nos deux Parlements aux fins de mieux coordonner nos efforts pour une mise en œuvre réussie de la Stratégie. L’éradication de la pauvreté et l’achèvement des objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) selon le calendrier prévu doivent rester au cœur de la Stratégie.

Nous avons enregistré avec satisfaction la volonté de principe affichée par tous les acteurs concernés de réaliser les objectifs contenus dans les partenariats. Toutefois, nous avons relevé que la mise en œuvre de la Stratégie manque parfois du souffle politique nécessaire. En même temps, sa structure d’application demeure complexe, d’où le besoin de la rendre plus simple et de lui assigner une direction exécutive. Nous recommandons que la réunion ministérielle y apporte sa contribution et assume la direction politique de cette structure.

Tout en reconnaissant les efforts entrepris jusqu’ici pour l’intégration de la dimension parlementaire dans la Stratégie, nous jugeons utile et nécessaire que le rôle des Parlements soit renforcé et qu’ils soient considérés comme relevant de la structure institutionnelle et non pas comme partie de la société civile. En tant que représentants des peuples africain et européen, nous symbolisons le partenariat entre les peuples que veut instaurer la Stratégie.

Conscients des objectifs de la Stratégie et convaincus que leur atteinte est tributaire de l’engagement et de la mise à la disposition des acteurs en charge de cette mission de moyens et de modalités appropriés, nous estimons impératif que les actions ci-après soient entreprises :

  • un mandat clair devrait être accordé aux groupes conjoints d’experts sous le prochain plan d’action avec définition des priorités, des échéances et des résultats ;
  • un plan de financement  de la stratégie conjointe Afrique –Europe devrait être élaboré pour sa meilleure prise en charge et mise en œuvre ;
  • une implication des Etats membres des Unions africaine et européenne par la détermination d’une ligne budgétaire dans leur budget national affectée exclusivement à la Stratégie Afrique-Europe ;
  • une implication plus active des Parlements nationaux des Etats membres des Unions africaine et européenne dans le suivi et la supervision de l’application de la Stratégie ;
  • les deux Parlements continentaux devraient approfondir les consultations et les concertations en impliquant la société civile et les secteurs public et privé dans le processus d’application de la Stratégie ;
  • les organes ou structures de l’Union africaine travaillant sur la Stratégie devraient  consolider leur coordination et relations avec le Parlement panafricain aux fins de lui permettre d’assumer pleinement son rôle de supervision ;
  • l’Union européenne devrait fournir les ressources appropriées pour le renforcement des capacités des organes de l’Union africaine et en particulier envers le Parlement panafricain et son processus de transformation en un organe législatif et budgétaire;
  • l’Union africaine et l’Union européenne devraient travailler de concert pour arrêter des positions communes sur la scène internationale et des solutions conjointes aux problèmes et défis de l’heure.

Par ailleurs, et dans un souci de poursuivre les efforts déjà consentis en matière de démocratie et de gouvernance en Afrique et de préserver les acquis réalisés à ce jour, nous, parlementaires membres du Parlement panafricain et du Parlement européen  nous félicitons de l’adoption par l’Union africaine de la Charte africaine sur la démocratie, les élections et la gouvernance et lançons un appel pressant à tous les Etats membres de l’Union africaine à ratifier ladite Charte pour permettre son entrée en vigueur. Nous sommes convaincus que cet instrument est le moyen le plus sûr à garantir l’implication des populations africaines dans le processus de prise de décision, à renforcer la stabilité, à consolider la paix et la sécurité et à combattre la corruption à tous les niveaux.

Le Continent africain continue à enregistrer l’existence de quelques conflits armés causant la perte de vies humaines, forçant les populations à l’exode et au déplacement, détruisant les infrastructures de base et accentuant le sous-développement. Des actions urgentes et concrètes doivent être entreprises pour ramener la paix et la sécurité  dans les zones de conflit et convaincre les belligérants de régler leur différend par le dialogue et la concertation. De plus, le processus de la décolonisation en Afrique mérite un soutien conjoint des parties. Dans ce cadre, nous parlementaires représentant les populations soutenons tous les efforts de paix et de sécurité et sommes disposés à apporter notre entière contribution aux actions de paix et de sécurité et au respect des droits de l’homme dans le monde.

Nous considérons que l’agriculture requiert une attention particulière, en tant que secteur producteur de ressources essentielles, dans des marchés communs ouverts dans le cadre des Accords existants. Dans cette optique, son développement constitue une priorité et exige de nous des efforts et des actions à même de renforcer ce secteur créateur d’emplois permanents et garant de la sécurité alimentaire. Le programme pour le développement de l’agriculture africaine (CAADP) devrait bénéficier du support nécessaire pour qu’il soit concrétisé et réalise les objectifs qui lui sont assignés.

Nous sommes convaincus qu’une agriculture développée et prospère en Afrique contribuerait grandement, grâce aux emplois qu’elle génère, à l’éradication de la pauvreté dont souffre une grande partie des populations africaines. Le Continent africain dispose de beaucoup de richesses et de grandes superficies arables et par conséquent il est inacceptable en ce 21ème siècle que beaucoup de citoyens africains continuent à subir les effets de la pauvreté. Cette situation nous interpelle tous, Parlements et Gouvernements, et il est de notre devoir de conjuguer nos efforts et de bien élaborer nos plans pour surmonter ce problème.

La crise financière demeure une préoccupation majeure pour l’Europe et l’Afrique.

A ce titre, il est indispensable d’axer l’attention et de concentrer les efforts sur le développement et l’amélioration des services sociaux en particulier la santé et l’éducation et leur accorder des budgets conséquents au niveau national.

Nous demandons à nos exécutifs de se focaliser, conformément aux Objectifs du Millénaire pour le Développement, sur les droits à la sante maternelle et reproductive, ainsi que de renforcer la lutte contre le VIH/SIDA.

L’intégration du Continent africain contribue également à la prospérité des populations et à leur bien-être; pour ce faire, il est impératif d’encourager et de renforcer les échanges commerciaux intracontinentaux, de consolider et de développer les infrastructures et les moyens de communication de même que de mettre un programme d’échange de technologie adéquat et enfin de renforcer la place et le rôle des Communautés économiques régionales.

Le changement climatique constitue actuellement une préoccupation majeure et inquiétante. Les Parlements panafricain et européen appellent les Exécutifs à travailler étroitement pour dégager une position commune prenant en compte les intérêts des deux Continents et entreprendre des actions susceptibles d’aider à sensibiliser les populations sur ce phénomène et à y proposer les solutions appropriées.

Enfin, nous, parlementaires panafricains et européens, réitérons notre engagement à coordonner nos efforts et à nous concerter sur les meilleurs moyens et modalités qui permettent de lutter contre le racisme, le terrorisme et la piraterie, devenus des menaces à la paix et à la sécurité mondiales.

Nous nous engageons  à créer les conditions susceptibles de mettre un terme à l’immigration illégale en créant la richesse et les emplois nécessaires pour permettre aux migrants potentiels de rester dans leur pays d’origine. Nous engageons également à limiter les effets négatifs de la fuite des cerveaux.

Nous soutenons fermement tous les programmes visant à encourager et à assurer  l’égalité des genres, tel que prévu dans l’objectif 3 des OMD, qui met en exergue la nécessité de promouvoir l’égalité des genres et de renforcer la capacité des femmes. Nous demandons également des programmes de lutte contre toutes formes de violence envers la personne humaine, notamment la violence contre les femmes et les enfants.