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De l’Organisation de l’Unité africaine (OUA) à l’Union Africaine (UA) : 50 ans de marche vers l’unité africaine

Date de publication: 
28/05/2013

Le 25 mai, un sommet spécial de l’Union africaine célèbre à Addis-Abeba, les 50 ans de l’OUA-UA. Le président de la Commission européenne, José Manuel Durão Barroso, et le commissaire européen au développement, Andris Piebalgs, participent à cet événement historique dans le cadre des relations privilégiées entre les deux organisations continentales officiellement liées par un Partenariat stratégique Afrique-UE. La Commission européenne soutient activement plusieurs événements organisés par l’Union africaine à l’occasion de cet anniversaire.

La naissance de l’Organisation de l’Unité africaine, il y a cinquante ans à Addis-Abeba, est issue de l’aspiration vers l’idéal d’unité prôné par les Pères de l’indépendance. Du 22 au 25 mai 1963, 30 pays africains participent dans la capitale éthiopienne à la conférence constitutive de l’OUA qui marque l’avènement de la première organisation panafricaine. Une  Charte en définit les objectifs, principes et institutions.

 

La lutte contre le colonialisme

Dès l’origine, les objectifs principaux de l’organisation sont l’éradication du colonialisme et la lutte contre la discrimination raciale. Ses premières résolutions concernent donc la lutte contre l’apartheid et celle des mouvements de libération. L’OUA a parmi ses missions de renforcer l’unité et la solidarité entre les Etats africains, de coordonner la coopération pour le développement, de préserver la souveraineté et l’intégrité territoriale des Etats membres et de favoriser la coopération internationale dans le cadre des Nations unies.
A travers son Comité de coordination pour la libération de l’Afrique, l’OUA soutient l’émancipation des territoires africains non encore indépendants. L’objectif est atteint en 1990 avec l'accession à l'indépendance de la  Namibie. L’Afrique voit également couronner son combat contre l'apartheid avec la libération de Nelson Mandela et son élection au poste de président de l’Afrique du sud. Trente ans après la création de l’OUA, l’Afrique du Sud en devient le 53e membre lors du sommet de Tunis, en juin 1994.

 

L’OUA et la quête de l’unité politique et économique

Dès sa création, l’OUA accorde une place essentielle au règlement pacifique des conflits interafricains. Une Commission de médiation, de conciliation et d’arbitrage est mise en place à cet effet mais ses moyens sont limités et l’organisation recourt parfois à des Conseils de Sages ou comités ad-hoc pour tenter de trouver des solutions aux différends. Une Charte africaine des droits de l’homme et des peuples est adoptée au sommet de 1981, à Nairobi, et conduit à la création en 1986 de la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples.
Avec l’effondrement du bloc communiste, la fin de la Guerre froide et de la bipolarité Est-Ouest, l'Afrique doit redéfinir sa politique dans un contexte de prolifération de conflits internes. Au Sommet du Caire de juin 1993, elle entérine la création d’un mécanisme de prévention, de gestion et de résolution des conflits africains dont l’organe principal est composé des chefs d’Etats des pays membres du bureau en exercice de la conférence.
L’organisation s’implique parallèlement dans les questions liées au développement et à la coopération économique. Le Plan d'action de Lagos adopté au sommet d’avril 1980 doit donner un coup de fouet au développement économique et à l’intégration des économies africaines en recommandant notamment les regroupements régionaux et l’autosuffisance alimentaire. En juin 1991, il est remplacé par le Traité d'Abuja instituant la Communauté économique africaine. Ce traité prévoit notamment la création, dans un délai de 30 ans, d’un marché commun africain, un parlement, une banque centrale, un fonds monétaire africains.

 

L’UA et l’accélération du processus d’intégration

Malgré des capacités d’action limitées et de faibles moyens financiers, l’intense travail diplomatique accompli par l’OUA a permis de conférer une réalité tangible à l'Afrique unie. L’organisation continentale a fourni un forum à ses Etats membres pour adopter des positions coordonnées sur des questions communes dans les instances internationales et défendre les intérêts du continent. Ses initiatives ouvriront la voie à la naissance de l’Union africaine. En juillet 1999, lors du sommet extraordinaire de Syrte, l’OUA décide d’établir une nouvelle organisation appelée à la remplacer. L’UA, lancée officiellement au Sommet de Durban en 2002, sera le fer de lance chargé d’accélérer et approfondir le processus d’intégration économique et politique sur le continent. Son Acte constitutif prévoit des organes et institutions inspirés notamment du modèle de l’Union européenne.

La vision de l'Union africaine est de «bâtir une Afrique intégrée, prospère et en paix, dirigée par ses citoyens et constituant une force dynamique sur la scène mondiale».Il s’agit d’aller plus vite sur le chemin de l’unité. Il s’agit aussi d’un changement de perspective avec la définition de politiques communes dans des domaines prioritaires: défense, paix et sécurité continentale, intégration des économies africaines, libre circulation des personnes, des biens et des capitaux, sécurité alimentaire, lutte contre la pauvreté, développement, commerce, environnement, lutte contre les pandémies… Le règlement pacifique des conflits se retrouve en particulier au centre des préoccupations. En 2004, un Conseil de Paix et de Sécurité (CPS) est créé. Cette nouvelle institution clé peut, sur autorisation de la conférence des chefs d’Etat, ordonner des interventions militaires dans des circonstances graves (crimes de guerre, génocide, crimes contre l’humanité). C’est le principe de « non-indifférence » qui rompt avec le principe de non-ingérence sans exceptions inscrit dans la charte de l’OUA.

En 2007, le Partenariat stratégique entre l’Union africaine et l’Union européenne est lancé.

Cinq décennies après la création de l’OUA et 10 ans après celle de l’UA, l’Afrique s’est inscrite dans une dynamique de progrès. En même temps, elle est consciente des défis qui se posent à elle et de l’impératif de donner un nouvel élan à sa mission à travers le panafricanisme et la Renaissance africaine. Il s’agit de libérer les potentialités et mobiliser les énergies qui permettront, à travers des initiatives comme le Programme Afrique 2063, de faire du continent, dans les décennies qui viennent, un pôle d’émergence mondial.