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Analyse des défis liés à la croissance, à l’emploi et aux inégalités en Afrique

Date de publication: 
26/10/2018

Le 26 octobre, l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) et la Commission de l’Union africaine (CUA), conjointement avec la Commission européenne, ont présenté le premier.

Mario Pezzini, directeur du Centre de développement de l’OCDE ; Stefano Manservisi, Directeur général du développement et de la coopération internationale de la Commission européenne ; Victor Harrison, Commissaire aux Affaires économiques ; Kathleen van Hove, chargée de mission sénior du Programme de transformation économique et agricole à l’ECDPM ; Ammo Aziza Baroud, Ambassadrice du Tchad en Belgique et auprès de l’Union européenne ; Domenico Rosa, chef d’unité à la direction générale de la coopération int
Mario Pezzini, directeur du Centre de développement de l’OCDE ; Stefano Manservisi, Directeur général du développement et de la coopération internationale de la Commission européenne ; Victor Harrison, Commissaire aux Affaires économiques ; Kathleen van Hove, chargée de mission sénior du Programme de transformation économique et agricole à l’ECDPM ; Ammo Aziza Baroud, Ambassadrice du Tchad en Belgique et auprès de l’Union européenne ; Domenico Rosa, chef d’unité à la direction générale de la coopération int

Lors d’un événement organisé par la Commission européenne et qui a fait salle comble, la CUA, l’Union européenne (UE) et l’OCDE ont discuté des recommandations clés tirées du rapport « Dynamiques du développement en Afrique 2018 ». Les orateurs représentant les trois institutions ont souligné l’importance de données chiffrées pertinentes pour que les décideurs africains et européens relèvent les défis liés à la croissance, à l’emploi et aux inégalités. Des experts africains ont dirigé l’élaboration du rapport.

Le panel s’est penché sur les moyens d’accélérer le potentiel de croissance de l’Afrique, en créant de l’emploi pour les jeunes et les femmes, tout en réduisant les inégalités. Les orateurs ont également souligné la nécessité de stimuler la croissance grâce à l’intégration régionale et continentale. Le renforcement du partenariat entre l’UE et l’Afrique, notamment au moyen de la nouvelle Alliance Afrique-Europe, a été reconnu comme une étape importante pour soutenir la croissance et l’emploi, aussi bien en Afrique qu’en Europe.

Des représentants d’ONG et d’ambassades situées à Bruxelles ont assisté à la présentation. Les discussions ont mis en évidence l’urgence de promouvoir une croissance inclusive, la création d’emploi et l’autonomisation, compte tenu de la croissance démographique en Afrique.

L’Afrique et l’Europe comme partenaires

Stefano Manservisi, Directeur général du Développement et de la Coopération internationale de la Commission européenne, qui a ouvert la conférence, a souligné la nécessité d’une coopération étroite et durable : « Le partenariat Afrique-UE est un projet d’ouverture. Nous devons penser en termes de valeurs communes et de vulnérabilités communes. Nous avons besoin d’alliances fortes dans le monde. »  L’Afrique est en train de connaître une triple révolution : industrielle, écologique et numérique. Grâce à son intégration économique, l’UE se veut être une source d’inspiration et de soutien, par exemple au moyen de la nouvelle Alliance Afrique-Europe qui se concentre notamment sur l’intégration continentale africaine et l'amélioration du climat d’investissement.

La croissance et l’emploi

La nécessité d’investir dans les compétences des jeunes Africains pour que celles-ci soient en adéquation avec les demandes du marché a été soulignée lors des discussions. Ces dernières années, l’Afrique est en pleine ascension, avec un taux de croissance de plus de 4 %. Néanmoins, pour stimuler et maintenir cette croissance, les 12 millions de jeunes Africains qui entrent chaque année sur le marché du travail doivent trouver un emploi. Victor Harison, le Commissaire de l’UA aux Affaires économiques, a rappelé que, jusqu’à présent, la croissance de l’Afrique n’avait pas créé d’emploi, étant donné que, chaque année, seuls quatre millions de jeunes Africains peuvent trouver un travail.

Afin de créer de l’emploi et de stimuler la croissance, les orateurs ont convenu du rôle du secteur privé et de la nécessité d’accroître les investissements. L’UE a déjà pris part à des projets pilotes pour soutenir le secteur privé et réduire les risques liés aux investissements au moyen de garanties et d’initiatives visant à améliorer l’accès au crédit.

Il a été rappelé l'importance de l’intégration régionale et continentale des marchés en Afrique pour la reprise de la croissance. Dans le même temps, le Commissaire de l’UA, Victor Harison, a souligné que la spécificité régionale devait être prise en compte afin de garantir une croissance inclusive et globale. Mario Pezzini, le directeur du Centre de développement de l’OCDE, a souligné la nécessité de consolider les petites entreprises qui opèrent sur le marché régional.

La lutte contre les inégalités et le soutien aux jeunes et aux femmes

Des efforts constants sont déployés afin d’aider les jeunes. L’UE a offert un soutien continu pour harmoniser les programmes, renforcer la mobilité des étudiants et relier les universités grâce à la technologie numérique. Son Excellence Ammo Aziza Baroud, l’Ambassadeur du Tchad, a souligné que l’emploi et la croissance doivent répondre aux inégalités, en insistant également sur la nécessité de tenir dûment compte de l’opinion des jeunes.

Contexte

« Dynamiques du développement en Afrique 2018 : croissance, emploi et inégalités » constitue le premier d’une série de rapports annuels. Il vise à aborder d’importants défis liés à la mise en œuvre de l’Agenda 2063 et offre une plate-forme pour les discussions entre les parties prenantes. L’édition 2018 cible le développement économique durable, le développement social inclusif et le renforcement des institutions.

Dynamiques de développement en Afrique 2018 - Chiffres clés

  • D’ici 2050, la population de l’Afrique atteindra 2,5 milliards.
  • Depuis 2000, l’Afrique est la deuxième région connaissant la croissance la plus rapide ; son PIB a triplé, avec une croissance annuelle de 4 %.
  • Le nombre de personnes vivant avec moins de 1,90 USD par jour a augmenté de 105 millions depuis 1990.  Seuls 12 % des femmes africaines en âge de travailler étaient salariées en 2016 et environ 42 % des jeunes travailleurs africains vivent avec moins de 1,90 USD par jour (en parités de pouvoir d’achat).
  • Entre 2009 et 2016, les investissements privés avoisinaient seulement 15 % du produit intérieur brut (PIB), ce qui est nettement inférieur à la moyenne des pays en développement d’Asie (24 %).
  • Le commerce intrarégional de biens intermédiaires ne s’élève qu’à 4,1 % du PIB en Afrique, par rapport à 24,2 % en Asie et 16,6 % dans l’Union européenne.
  • La zone de libre-échange continentale africaine constitue un tremplin important. Le commerce intra-africain a pu connaître une augmentation de 33 %.
  • Le changement climatique représente un risque important pour 27 pays africains, bien que l’Afrique contribue à moins de 4 % des émissions globales de gaz à effet de serre.