Migration et développement : objectifs communs, responsabilités partagées

Migration et développement : objectifs communs, responsabilités partagées

Mercredi, 05 Janvier, 2011

En termes d’impact sur le développement, la migration est autant une opportunité qu’un défi. Le Forum mondial sur la migration et le développement (FMMD) a été mis sur pied en 2006 en vue d’aider les pays des quatre coins du monde à relever ce défi et saisir les opportunités qu’il offre.

Créé à l’initiative des États membres des Nations unies, ce forum constitue un cadre informel de discussion et de coopération impliquant dans le processus aussi bien les pays d’origine que de destination.

« Le FMMD est une plate-forme géante permettant de partager les expériences de migration, bonnes ou mauvaises, et de proposer un outil très puissant pour la gestion des problématiques telles que la traite des êtres humains », explique Peter Kusimba, commissaire aux réfugiés et personne de contact du gouvernement kényan pour les affaires liées au FMMD. « Le forum rassemble les interlocuteurs autour d’une table afin de partager les bonnes pratiques en matière de gestion des flux migratoires ». M. Kusimba explique également que s’adapter à une situation en perpétuelle évolution est la clé du succès : « L’économie et la politique mondiales et les changements environnementaux continueront à affecter les schémas migratoires. »

Le progrès par les partenariats

 L’économie et la politique mondiales et les changements environnementaux continueront à affecter les schémas migratoires. .

Peter Kusimba, commissaire aux réfugiés, Kenya

La notion de responsabilités et de bénéfices partagés, mise en pratique via la création de partenariats, est l’un des concepts de base ayant permis de baliser le fonctionnement du forum et elle fut donc choisie comme sujet principal de la dernière édition du forum, qui s’est tenue au Mexique (du 8 au 11 novembre 2010).

« Les partenaires du FMMD ont la responsabilité conjointe de créer un ordre de migration mutuellement bénéfique à tous les acteurs et parties prenantes du processus », déclare M. Kusimba. Cet avis, Kacim Kellal, chef du service des affaires internationales et du développement solidaire du ministère français de l’intérieur, le partage : « Au niveau mondial, nous souhaitons souligner […] l’importance, autant pour le pays d’origine que pour le pays de destination, de chercher de nouveaux types d’accord pour la gestion conjointe des flux migratoires, » explique-t-il. « Le FMMD est une plate-forme qui nous permet de présenter des cadres innovants de gestion conjointe de la migration, reposant dans la majorité des cas sur ce type d’accord. »

Ancien coprésident lors de la première session de la table ronde sur les partenariats lors de la réunion du forum au Mexique, M. Kellal souligne l’importance dans ce contexte de la création de Plates-formes pour les Partenariats (PpP). Les PpP facilitent la mise en œuvre pratique de solutions adaptées aux recommandations et priorités du forum, à l’aide d’une plate-forme en ligne et de l’organisation de sessions de travail. Trois projets de départ pourraient déjà être lancés, ayant pour but d’engager la diaspora dans des activités de développement, de protéger les enfants migrants non accompagnés et de développer des profils de migration.

Analyser les schémas migratoires

Au niveau mondial, nous souhaitons souligner […] l’importance, autant pour le pays d’origine que pour le pays de destination, de chercher de nouveaux types d’accord pour la gestion conjointe des flux migratoires

Kacim Kellal, chef du service des affaires internationales et du développement solidaire du ministère de l’Intérieur, France

Comme le souligne M. Kellal, le forum reste une initiative récente, et les défis qui se présentent ont été accrus par la crise économique. Pour faire une différence sur le terrain, il convient d’analyser en profondeur les schémas migratoires et les données disponibles. Ceci implique, par exemple, de prendre en compte les facteurs incitant un immigrant à quitter son pays et choisir son lieu de destination. M. Kusimba insiste sur l’importance d’une approche scientifique : « Nous devons nous pencher plus sérieusement sur la question de la recherche dans la problématique de la migration. La création d’observatoires régionaux est essentielle, dans ce contexte. Nous souhaitons encourager [leur création] afin que la recherche puisse contribuer à la prise de meilleures décisions concernant la gestion migratoire dans le futur. » La création de l’Observatoire ACP sur les migrations (octobre 2010) a constitué un pas important dans cette direction.

La prochaine réunion du FMMD, programmée en 2011, sera l’occasion d’évaluer le travail accompli jusqu’ici et d’analyser les possibilités de traduire ces résultats en actions. « Le prochain FMMD permettra à tous les pays d’examiner de plus près les résultats obtenus concernant les possibilités et moyens mis à notre disposition pour résoudre les problèmes de gestion migratoire connus, et de proposer la meilleure façon d’avancer », conclut M. Kusimba.

UE et Afrique : la migration comme élément clé de la coopération

Comme le sommet Afrique-UE de Tripoli (novembre 2010) l’avait mis en évidence, une meilleure gestion des flux migratoires est essentielle pour faire de ce partenariat un succès. Éradiquer la traite des êtres humains, réduire les flux migratoires illégaux tout en améliorant la gestion de la migration légale afin de maximiser ses bénéfices pour le développement sont les premières priorités de la collaboration dans ce domaine.

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