Face à l'avancée du désert

Face à l'avancée du désert

Plusieurs actions transsectorielles tentent de faire face aux défis de la désertification, de la dégradation des terres et d'autres menaces environnementaux dans les zones  circum Saharien, y compris les changements climatiques, le manque des ressources en eau et la perte de la biodiversité.. Ce programme cadre régional africain, intitulé "initiative de la Grande muraille verte pour le Sahara et le Sahel" (IGMVSS), tente de relever les défis posés par l'environnement et la pauvreté.

Le programme IGMVSS traite d'un problème d'une gravité extrême: Pendant des périodes de sécheresse le Sahara s'étend à une vitesse de presque un kilomètre carré par an et selon les Nations unies, en l'absence d'efforts d'atténuation, deux tiers environ des terres agricoles africaines pourraient être rendu improductive par la dégradation des terres.

Lutter contre le désert au Sahara et la regénération naturelle au Sahel

La nature apporte cependant une réponse. Les arbres agissent comme des coupe-vent naturels contre les tempêtes de sable et leurs racines peuvent prévenir l'érosion. L'initiative de la Grande muraille verte, a été officiellement adoptée par l'Union africaine (UA) en décembre 2006 dans le cadre d'une stratégie rurale conciliant développement et environnement.

Le concept va bien au-delà de la simple plantation d'arbres. Il s'agit d'une série d'actions et d'interventions transsectorielles visant à conserver et protéger les ressources naturelles. L' IGMVSS vise à stopper la dégradation du sol, à réduire la pauvreté, à conserver la biodiversité et à augmenter la productivité du sol dans environ 20 pays autour du Sahara. Elle s'intègre dès lors bien dans les programmes stratégiques de l'UA de lutte contre la pauvreté et de durabilité environnementale et s'aligne sur les objectifs du Nouveau partenariat pour le développement de l'Afrique (NEPAD) et sur les objectifs du Millénaire pour le développement en matière de réduction de la pauvreté et de durabilité environnementale.

Pays concernés

L'initiative sera mise en œuvre dans les pays du Sahara et du Sahel, à savoir principalement l'Algérie, le Burkina Faso, le Cap Vert, Djibouti, l'Égypte, l'Éthiopie, l'Érythrée, la Gambie, la Guinée Bissau, la Libye, le Mali, la Mauritanie, la Niger, le Nigéria, le Sénégal, la Somalie, le Soudan, le Tchad et la Tunisie. L'initiative pose cependant d'importants problèmes: la taille géographique à couvrir est immense et les accords sur les questions de gestion transfrontalière de l'eau seront notamment nécessaires.  

Mise en œuvre du projet

Deux phases sont envisagées: une phase initiale de deux ans destinée à relever ces défis et à lancer un processus de partage des connaissances, suivie par une seconde phase consistant en un plan de cinq ans visant à consolider l'intégration régionale, à valoriser le potentiel régional et à mettre en œuvre des projets et des programmes structurels.

Un financement de 1,4 million EUR a récemment été alloué via le programme thématique pour l'environnement et la gestion durable des ressources naturelles (ENRTP) de la CE afin d'aider les pays à mettre en œuvre la première phase. Ce financement résulte d'une étude préalable de faisabilité menée conjointement par la Commission de l'Union africaine (CUA) et la Commission européenne (CE), achevée en juin 2009.