Un deuxième plan d’action sur la table

Un deuxième plan d’action sur la table

Vendredi, 12 Novembre, 2010

Le troisième Sommet Afrique-UE, qui se tiendra les 29 et 30 novembre, à Tripoli, en Libye. Ce sera pour les deux parties de dresser un état des lieux des avancées de la mise en œuvre de la Stratégie conjointe UA-UE mise en place en décembre 2007 et de son premier Plan d’action. Le second Plan d’action (2011-2013), qui devrait être adopté lors de ce sommet, entend quant à lui relever une série de nouveaux défis et mettre en place un cadre pour la coopération future.  

“Le partenariat Afrique-UE diffère des autres partenariats conclus par l’UE et l’UA avec d’autres régions,” explique Klaus Rudischhauser, directeur des relations avec les pays ACP à la Direction générale du Développement de la Commission européenne. “Les chef d’Etat et de gouvernement africains ont mis en place un partenariat innovant qui traduit en actions très concrètes nos priorités communes.” Il précise que ce partenariat unique et innovant se caractérise avant tout par sa nature inclusive. En effet, il ne se limite pas à ces deux organisations continentales mais inclut aussi leurs pays membres, la société civile, le secteur privé, les parlements etc. L’Afrique et l’UE sont des partenaires égaux au sein de cette nouvelle relation. Ils discutent ouvertement non seulement du développement et des questions africaines mais examinent aussi les problématiques mondiales et les priorités européennes. 

Des avancées

Ambassador John Kayode Shinkaiye, Chief of Staff in the Bureau of the AU Commission Chairperson.

“Nous avons réalisé de réelles avancées au niveau des huit partenariats de la Stratégie conjointe. Toutefois, certains partenariats progressent plus rapidement que d’autres, en raison de leurs thèmes mêmes. Prenons l’exemple du partenariat Paix et sécurité, au titre duquel l’UE soutient l’architecture africaine de paix et de sécurité tout en renforçant la capacité de l’UA à planifier et à diriger des missions de maintien de la paix. Voilà un partenariat pour lequel nous enregistrons d’assez bonnes avancées”, explique Klaus Rudischhauser. 

Il en va de même pour les partenariats ayant pour thème l’énergie, le changement climatique, la science, la société de l’information et l’espace. Une première réunion à haut niveau a été organisée à Vienne, les 14 et 15 septembre, dans le cadre du partenariat sur l’énergie. Les hauts représentants européens et africains y ont promis de développer l’accès aux énergies modernes et renouvelables en faveur d’au moins 100 millions d’Africains supplémentaires d’ici à 2020. La réunion a également lancé un vaste programme de coopération dans le domaine des énergies renouvelables, afin d’aider le continent africain à réaliser ses objectifs en matière d’énergies renouvelables d’ici à 2020.   

Des projets-phares

Lors du Sommet de Tripoli, l’UA devrait annoncer le lancement de projets-phares dans le domaine des infrastructures, un pour chacune des cinq régions d’Afrique. Ces projets viendront s’ajouter à la longue liste d’actions déjà en cours. Dans le cadre du partenariat sur la gouvernance, les responsables de l’UE et de l’UA se réunissent d’ores et déjà deux fois par an pour examiner les questions en rapport avec les droits de l’homme. Et d’ici le prochain sommet, ils espèrent lancer une plateforme Afrique-UE pour examiner les questions de gouvernance. En ce qui concerne le thème du changement climatique, Klaus Rudischhauser dit s’attendre à des progrès lors du sommet. Des engagements en faveur du financement du changement climatique en Afrique devraient être pris, et viendront alimenter la conférence sur le changement climatique prévue d’ici la fin de l’année au Mexique. S’agissant du partenariat sur les migrations, la mobilité et l’emploi, un Institut africain des transferts de fonds sera lancé. Cet organisme sera chargé de renforcer la capacité des gouvernements, des banques, des expéditeurs et des bénéficiaires de transferts internationaux, du secteur privé et autres acteurs du continent africain, l’idée étant de faire de ces transferts un réel outil de développement au service de la réduction de la pauvreté.     

Le partenariat Afrique-UE diffère des autres partenariats conclus par l’UE et l’UA avec d’autres régions. Les chef d’Etat et de gouvernement africains ont mis en place un partenariat innovant qui traduit en actions très concrètes nos priorités communes.

Klaus Rudischhauser

Mais la mise en œuvre efficace de ce partenariat exige bien entendu des ressources humaines et financière suffisantes, explique le directeur à la DG Développement. Dans le contexte de la crise économique mondiale, le Sommet de Tripoli examinera comment renforcer encore ces ressources. Pour l’instant, les pays africains se heurtent toujours à des revenus et des budgets nationaux très limités. Pour Klaus Rudischhauser, le sommet devra absolument se pencher sur les méthodes permettant aux économies africaines d’attirer plus efficacement les  investissements directs étrangers, sur la nécessité d’améliorer les liens entre l’aide et les investissements et sur les conditions à mettre en place pour renforcer les échanges et promouvoir l’emploi des deux côtés du continent. Et d’ajouter que ce sommet est très opportunément dédié au thème de l’“investissement, de la croissance économique et de la création d’emplois”. 

Contexte

Le Partenariat stratégique Afrique-Union européenne représente une étape clé du dialogue et de la coopération qui lie les deux continents depuis le premier sommet des chefs d’Etat et de gouvernement, organisé au Caire en 2000.  Il fait de l’Union africaine un partenaire privilégié de l’UE et considère l’Afrique “dans sa globalité” en allant au-delà de la panoplie d’instruments et d’accords entre les régions (Accord de Cotonou et Accord UE-Afrique du Sud pour l’Afrique subsaharienne, Partenariat euro-méditerranéen et politique de voisinage pour l’Afrique du Nord).   

Le second Sommet UA-UE, réuni à Lisbonne en décembre 2007, a ensuite adopté une stratégie conjointe assortie d’un premier plan d’action (2008-2010) en vue de promouvoir des relations plus étroite et de relever, conjointement, une série de nouveaux défis mondiaux par le biais de huit partenariats thématiques distincts :   
 
1)    Paix et sécurité
2)    Gouvernance démocratique et droits de l’homme
3)    Commerce, intégration régionale et infrastructures
4)    Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD)
5)    Energie
6)    Changement climatique
7)    Migrations, mobilité et emploi
8)    Sciences, société de l’information et espace.   

Le troisième Sommet Afrique-UE, qui aura lieu à Tripoli (Libye) les 29 et 30 novembre 2010 permettra d’évaluer les premiers résultats et le lancement du deuxième plan d’action  (2011-2013).

© Original de cet article est disponible dans le magazine ACP-Courier