Séminaire multipartite sur l'avenir des relations UE-Afrique

Séminaire multipartite sur l'avenir des relations UE-Afrique

Vendredi, 28 Juillet, 2017

Du 23 au 25 juillet, un séminaire de trois jours a réuni des représentants du secteur privé africain et du secteur privé européen, des représentants de la société civile, des groupes de réflexion, des universitaires, ainsi que des décideurs politiques, en vue de discuter de l'état et de l'avenir des relations UE-Afrique. Cette rencontre, qui s'est déroulée à Cadenabbia (Italie), a été coorganisée par le Konrad Adenauer Stifftung (KAS), l'Institut allemand de développement (DIE) et la Commission européenne. La DG Coopération internationale et développement (DG DEVCO) était représentée par son directeur général adjoint, Klaus Rudischhauser.

En amont du 5e sommet UA-UE qui se déroulera les 29 et 30 novembre prochains, ce séminaire a permis de nouer un dialogue ouvert et franc sur l'orientation à donner aux relations entre l'Europe et l'Afrique, dans un contexte continental et mondial en rapide évolution. Les participants se sont accordés à reconnaître l'opportunité et l'importance d'une refondation du partenariat UE-Afrique à la lumière des enjeux auxquels les deux continents sont confrontés.

En particulier, un large consensus s'est dégagé sur la nécessité de renforcer activement le rôle du secteur privé dans la réalisation des aspirations du continent africain, notamment en tant que vecteur d'investissements en masse, de création d'emplois, de renforcement des capacités institutionnelles et d'élimination de « l'obstacle de la langue » entre la sphère publique et la sphère privée. De plus, enseignement et formation professionnelle ont souvent été présentés comme le socle indispensable à tout développement durable. Par ailleurs, les participants ont souligné la nécessité, tant pour l'UE que pour l'Afrique, d'adopter une approche fondée sur les intérêts pour piloter leurs engagements mutuels, en explorant notamment les possibilités d'actions communes basées sur une négociation entre pairs. De même, ils ont reconnu la nécessité d'harmoniser, et non d'élargir, les cadres institutionnels et les documents stratégiques concernés, déjà nombreux et complexes. Les relations entre les deux continents ne devraient plus se limiter au seul développement, mais s'orienter davantage vers un partenariat politique, commercial et d'investissement.

Par ailleurs, quelques divergences d'opinions ont été émises sur la pertinence des valeurs (communes) dans le cadre des relations UE-Afrique. Certains participants africains ont eu le sentiment que l'UE cherchait à imposer un corset normatif unique à l'ensemble des pays d'Afrique. Ils ont plaidé pour une mise en œuvre spécifique, pilotée par l'Afrique, des valeurs universelles en matière de droits de l'homme. D'autres ont relevé qu'atténuer la pertinence des principes universels ne ferait qu'en affaiblir le respect. En outre, le dialogue sur l'avenir de l'ACP et de son pilier africain post-Accord de Cotonou a mis en lumière l'existence d'un large éventail d'opinions et de scénarios qui doivent faire l'objet d'un examen et de discussions supplémentaires. Pour certains observateurs, aucune des parties n'était réellement disposée à s'engager dans des négociations.