Le Forum des affaires UE-Afrique tient sa 4e édition

Le Forum des affaires UE-Afrique tient sa 4e édition

Vendredi, 26 Novembre, 2010

Après Bruxelles en 2006, Accra en 2007 et Nairobi en 2009, le Forum des affaires UE-Afrique se réunira à Tripoli (Libye) du 26 au 28 novembre 2010, en marge du 3e sommet UE-Afrique.

Des dirigeants de multinationales, de grandes, petites et moyennes entreprises, de confédérations patronales ainsi que d’institutions multilatérales et régionales y débattront des principaux sujets de leur compétence, qui seront ensuite soumis aux chefs d’État ou de gouvernement. Partie intégrante de la stratégie UE-Afrique, le Forum des affaires occupe une place de choix au sein du 3e partenariat, centré sur le commerce, l’intégration régionale et les infrastructures.

L’accord de Cotonou a reconnu au secteur privé dans les pays ACP un rôle primordial en matière de développement par la contribution unique qu’il peut apporter à la croissance économique et, par ce biais, à la réduction de la pauvreté. Depuis, l’UE a augmenté son aide à ce secteur à travers les programmes indicatifs tant nationaux que régionaux, et un ensemble d’instruments incluant la facilité pour l'amélioration de l'environnement des affaires (BIZclim); la promotion des investissements, du partenariat et de la coopération interentreprise (PROINVEST); l'accroissement de la capacité de financement des investissements (facilité d'investissement gérée par la BEI); la promotion de services non financiers pour le développement des PME (Centre pour le développement de l'entreprise); l'appui aux microentreprises et à la microfinance…

Le Forum des affaires, initiative conjointe de l’UE et l’UA, a été lancé en 2006 avec un triple objectif:

  • contribuer à développer un environnement favorable aux affaires et à l’investissement en Afrique, en encourageant l’esprit d’entreprise, la bonne gouvernance et les réformes nécessaires pour renforcer la confiance des investisseurs;
  • accompagner la contribution des entreprises européennes au développement du secteur privé africain et travailler en partenariat pour faciliter des opportunités d’affaires;
  • renforcer la voix et le positionnement des secteurs privés des deux continents en Afrique.

Le Forum permet de transmettre le point de vue des entreprises aux dirigeants politiques africains et européens et d’associer le secteur privé à la définition de la politique de développement de l’Afrique et de ses relations avec l’UE.

Le Forum des affaires UE-Afrique est indubitablement une plateforme de dialogue efficace et un moyen important d’incorporer la contribution du secteur privé.

Mr. Cheikh Modibo Diarra

La multinationale d’informatique Microsoft compte parmi les participants du Forum. Pour l’astrophysicien Cheikh Modibo Diarra, président de Microsoft Afrique, «le Forum des affaires UE-Afrique est indubitablement une plateforme de dialogue efficace et un moyen important d’incorporer la contribution du secteur privé. Comme la stratégie UE-Afrique, il a comme objectif global d’appuyer les efforts des pays africains vers les objectifs du Millénaire pour le développement et leur intégration progressive dans l’économie mondiale. Quatre ans après son lancement, le Forum veut accroître son impact sur le dialogue politique et la contribution du secteur privé au renforcement de liens économiques qui débouchent sur des bénéfices partagés entre l’Europe et l’Afrique.

Le Forum engendre des partenariats public/privé appuyés par des organisations régionales et l’UE, qui incluent l’élaboration de recommandations et de projets pilotes dans les secteurs des technologies de l’information et de la communication (TIC), du commerce, des PME, des infrastructures et de l’éducation».

Cheikh Diarra cite, entre autres exemples, les partenariats entre:                                  

  • l’UE, l’Agence régionale d’investissement (RIA), l’UNIDO (Agence des Nations unies pour le développement industriel) et le secteur privé pour mettre en œuvre des programmes visant à promouvoir la croissance des PME et l’investissement direct en Afrique;
  • l’UE, le marché commun de l’Afrique orientale et australe (COMESA) et le secteur privé pour faciliter le commerce avec et à l’intérieur de l’Afrique, en développant l’informatisation des douanes;
  • l’UE, la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et le secteur privé pour développer des infrastructures TIC et un programme visant à en améliorer l’accès et promouvoir l’usage des nouvelles technologies;
  • l’UE, la Tunisie, le Cap Vert et le secteur privé pour favoriser l’accès à l’éducation primaire pour tous d’ici à 2015, conformément au 2e objectif du Millénaire.

Également membre du Forum, la multinationale Unilever (produits alimentaires, soins ménagers et corporels), présente dans 170 pays du monde, «étend ses activités sur le continent africain — 2, 5 milliards d’euros en 2009 — de l’Afrique du Sud à l’Afrique du Nord en passant par la région de l’Afrique centrale (qui couvre toute l’Afrique subsaharienne à l’exception de l’Afrique du Sud, du Botswana, de la Namibie, du Swaziland et du Lesotho)», explique Giulia Di Tommaso, directrice des affaires extérieures pour l´Afrique, le Moyen-Orient et la Turquie d´Unilever Corporation.

Le secteur privé continue d’être un pilote essentiel du Forum des affaires UE-Afrique. Le principal défi sera de trouver les moyens efficaces de libérer le potentiel de croissance du continent.

Mme. Giulia Di Tommaso

«Nous y employons environ 40 000 personnes, y inclus les cultivateurs de nos plantations de thé, et dans la plupart des pays africains où nous opérons, nous avons des bureaux dotés de l’infrastructure adéquate qui s’occupent du marketing et de la vente. Nous avons des unités de fabrication dans de nombreux pays — dont le Ghana, la Côte d'Ivoire, le Kenya, le Malawi, le Niger, le Nigeria, l’Égypte, le Maroc, la Tunisie, l’Afrique du Sud, le Zimbabwe, l’Algérie — soit au total, en 2009, 27 sites de fabrication.»

«Le secteur privé continue d’être un pilote essentiel du Forum des affaires UE-Afrique», souligne Giulia Di Tommaso. «Le haut niveau de participation de PDG de compagnies européennes et africaines — qui échangeront leurs vues sur la manière de faire des affaires et d’investir en Afrique — renforcera le rôle clé du secteur privé pour transformer l’agenda économique Afrique-UE en un véritable partenariat dans des domaines stratégiques essentiels comme l’intégration régionale et le commerce, les TIC, l’agriculture, l’énergie et la croissance des PME. Le principal défi sera de trouver les moyens efficaces de libérer le potentiel de croissance du continent.»

La quatrième édition du Forum des affaires UE-Afrique devra approfondir le partenariat entre le secteur public et le secteur privé

Les précédentes réunions ont déjà permis des avancées remarquables. Ces réalisations doivent maintenant être consolidées et traduites en actions concrètes, confie Giulia Di Tommaso. «Nos attentes sont élevées car nous estimons que le forum de discussions devrait se transformer en forum d’actions. L’appui actif de la Commission européenne, de la Commission de l’UA et d’organisations régionales prouve la détermination des secteurs public et privé à collaborer en ce sens. La forme la plus achevée du partenariat est celle où chacun de nous peut jouer son rôle et apporter une part de la solution.»

Et Giulia Di Tommaso de citer Frank Braeken, vice-président exécutif d’Unilever pour l’Afrique du Nord, le Moyen-Orient et l’Afrique Centrale: «Durant de nombreuses années, l’Afrique a eu besoin du soutien du monde développé et elle en aura encore besoin. Toutefois, il apparaît de plus en plus clairement que la meilleure façon de soutenir l’Afrique est de l’aider à créer et à consolider un environnement où les affaires et l’esprit d’entreprise peuvent prospérer.»

«Le prochain Forum des affaires inclura un nouveau groupe de travail consacré à la recherche, à l’identification et à la mise en œuvre de programmes en faveur de l’agriculture et du secteur agroalimentaire», précise de son côté Cheikh Diarra. «L’agriculture joue un rôle primordial dans les pays en développement, dans la mesure où les produits de base représentent souvent la principale source de revenus. Qui plus est, environ 60 % des travailleurs africains sont employés dans le secteur agricole et près des trois cinquièmes des cultivateurs africains pratiquent une agriculture de subsistance.»

«La réussite future du Forum», conclut Cheikh Diarra, «exigera un plus grand engagement à la fois des organisations régionales et du secteur privé africain, afin que les entreprises, les organisations et les dirigeants africains puissent être  des catalyseurs pour instaurer un climat propice aux affaires.»