Des dirigeants africains se réunissent pour discuter des relations économiques

Des dirigeants africains se réunissent pour discuter des relations économiques

Lundi, 03 Mai, 2010

La crise économique a envoyé des ondes de choc dans le monde entier et a conduit à une réévaluation de la manière dont l'économie mondiale est gouvernée. Cette réflexion offre aux économies émergentes africaines une opportunité unique de contribuer à la croissance économique mondiale. Des dirigeants africains se réuniront du 5 au 7 mai à Dar es Salaam, en Tanzanie, à l'occasion du 20e Forum économique mondial (FEM) sur l'Afrique. Ils y discuteront de l'avenir et de la manière d'améliorer leurs relations avec leurs principaux partenaires économiques.

Avec plus d'un milliard d'habitants sur le continent, l'Afrique a rejoint la Chine et l'Inde parmi les régions les plus peuplées de la planète. Les jeunes ayant de plus en plus la possibilité d'accéder à d'abondantes ressources naturelles et à un fort potentiel de marché, il n'est pas surprenant de constater une tendance croissante vers une coopération Sud-Sud. L'Afrique cherche des partenaires dans l'hémisphère Sud afin de trouver de nouvelles opportunités en cette période extrêmement instable sur le plan économique.

Cependant, pour permettre au potentiel africain de prospérer et pouvoir en tirer parti, certains obstacles institutionnels doivent tout d'abord être surmontés. Parmi ces obstacles, on peut citer la nécessité d'investir davantage dans les infrastructures, l'accès à l'éducation et aux soins de santé, la paix et la sécurité dans les zones instables, l'intégration régionale et la transformation des défis climatiques en moteurs économiques.

Promouvoir la bonne gouvernance

Les dirigeants présents lors de ce Forum articuleront leurs discussions autour de quatre piliers thématiques, dont le premier se concentrera sur l'établissement de structures institutionnelles et de gouvernance efficaces. Bien que des progrès aient été réalisés en termes de réformes institutionnelles en Afrique, ceux-ci demeurent relativement inégaux sur le continent. Les initiatives d'intégration régionale ne se traduisent pas toujours par des politiques nationales, ce qui ralentit le rythme des réformes. Le résultat des diverses élections qui doivent se tenir dans plus de 20 pays en 2010 et en 2011 sera un bon indicateur de la manière dont la démocratie a progressé en Afrique.

La paix et la stabilité vont souvent de pair avec les pratiques démocratiques. Les conflits en Afrique sont associés à des gouvernements autocratiques, qui ne constituent pas forcément en soi un obstacle à la croissance économique. Ce qu'ils incarnent, en revanche, c'est un manque de transparence, qui se reflète dans la mauvaise gestion des ressources naturelles et qui entrave sérieusement les progrès de développement et les opportunités d'investissement.

Le pouvoir aux jeunes

L'autonomisation des femmes et des jeunes constitue le deuxième pilier thématique du Forum. La situation des femmes s'est fortement améliorée en Afrique, à mesure que des lois ont été adoptées afin de leur conférer plus de droits. Cependant, les progrès sont inégaux sur le continent et la discrimination fondée sur le sexe reste malgré tout très présente dans le droit et les coutumes. Le Rwanda est un exemple frappant de la transformation observée en Afrique. En 2008, il est devenu le premier pays au monde à avoir élu une majorité de femmes au parlement.

Plus de 60 % de la population africaine est âgée de moins de 25 ans. Les talents de cette part importante de la population doivent être cultivés et exploités pour former les générations politiques de demain. C'est pourquoi, en marge du Forum, se tiendra le sommet des Young Global Leaders, où plus de 200 jeunes dirigeants issus du monde entier se réuniront pour débattre de la question.

Le problème de la croissance

Pour assurer la croissance, l'Afrique doit disposer de produits à vendre et de marchés sur lesquels les vendre. Cependant, au cours des 50 dernières années, la part de l'Afrique dans le commerce mondial n'a pas augmenté. Bien que les négociations commerciales tels que le récent cycle de Doha et le système global de préférences commerciales entre pays en développement permettent aux étrangers d'accéder au marché, l'offre africaine sur le continent et au-delà reste très limitée. Il s'agit du troisième pilier thématique qui sera abordé par les délégués lors du FME sur l'Afrique.

Il est inquiétant qu'en dépit de la richesse dont jouit l'Afrique en termes de potentiel agricole, de nombreux pays africains continuent à importer la majeure partie de leurs denrées alimentaires.

Le secteur des TIC constitue néanmoins un signe encourageant dans les économies africaines en développement. Ces dernières années, l'Afrique a connu une sorte de révolution dans le domaine des TIC, en particulier dans le secteur de la téléphonie mobile (bien que l'accès à l'internet n'enregistre pas une croissance correspondante). Cette progression s'explique par un environnement commercial compétitif, qui a permis aux entreprises de prospérer et s'est traduit en avantages économiques dans plusieurs régions d'Afrique.

Garantir les investissements

Jusqu'il y a peu, les investissements étaient plus nombreux en Amérique latine et en Asie du Sud qu'en Afrique. Ce désintérêt pour l'Afrique s'expliquait par le climat défavorable aux investissements que beaucoup percevaient comme intrinsèquement lié à ce continent compte tenu des risques associés à la situation politique ou aux problèmes environnementaux. Cependant, l'investissement connaît aujourd'hui un nouvel essor, principalement grâce à la Chine ainsi qu'aux réformes qui ont été mises en œuvre un peu partout sur le continent en vue de réduire la perception des risques.

Ce nouvel élan s'explique également par le fait que les investisseurs conditionnent désormais tout investissement éventuel à un respect des normes internationales.

Les trois journées de débat qui se tiendront à Dar es Salaam dans le cadre du Forum seront l'occasion de discuter de ces questions et d'autres toutes aussi importantes.