Améliorer la gouvernance, protéger les droits de l'homme

Améliorer la gouvernance, protéger les droits de l'homme

Vendredi, 30 Avril, 2010

Des représentants de la Commission de l'Union africaine et de la Commission européenne se sont réunis les 13 et 14 avril à Addis-Abeba, en Éthiopie, où ils ont eu des discussions fructueuses à propos de la gouvernance et des droits de l'homme. Les deux parties souhaitant faire progresser le partenariat, les discussions ont essentiellement porté sur le dialogue dans le domaine des droits de l'homme et sur la future mise en œuvre de la feuille de route correspondante.

Des experts issus d'Afrique et d'Europe se sont réunis à Addis-Abeba à l'occasion de la troisième réunion du groupe informel conjoint d'experts (iJEG) afin de discuter des trois actions prioritaires du partenariat pour la gouvernance démocratique et les droits de l'homme, tels que définies dans le premier plan d'action couvrant la période 2008-2010.

La première action prioritaire concerne le dialogue au niveau mondial. La CE a annoncé son intention d'organiser un atelier sur le fonctionnement de la future plate-forme de dialogue qui sera créée dans le cadre de ce partenariat et dont l'objectif spécifique de faciliter le dialogue intercontinental à tous les niveaux dans le domaine des droits de l'homme et de la gouvernance démocratique. On espère que cet atelier contribuera à inciter une grande variété d'acteurs à s'impliquer davantage et, ainsi, à réduire le fossé entre les décideurs politiques et les défenseurs des droits de l'homme.

L'atelier sera organisé en préparation du 3e sommet Afrique-UE et se tiendra juste avant la prochaine réunion de l'iJEG en septembre. L'UA et l'UE tenteront de se mettre d'accord sur le format et les modalités de la plate-forme, afin que ceux-ci puissent ensuite être approuvés par la réunion suivante de l'iJEG. Quelque 45 représentants de l'UA et de l'UE devraient participer à l'atelier, parmi lesquels 15 représentants de la société civile africaine.

Lors de la réunion de l'iJEG, la délégation de l'UA a présenté une étude sur la lutte contre le racisme, la discrimination fondée sur la race et la xénophobie, que l'UE a promis de diffuser auprès des différentes capitales européennes en vue de transmettre ses observations lors de la prochaine réunion.

La gouvernance en Afrique

S'appuyant sur les récents progrès réalisés par le continent africain en termes de gouvernance démocratique, la Commission de l'UA (CUA) s'efforce actuellement d'instaurer une architecture africaine de gouvernance (AAG). L'UA a souligné que l'AAG constituait un cadre politique et institutionnel global permettant de soutenir la gouvernance en Afrique. En parallèle à cette AAG, la CUA élabore également, en coopération avec le bureau du Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l'homme (HCDH) et de sa commission économique pour l'Afrique (CEA), une stratégie africaine en matière de droits de l'homme, qui a également été présentée lors de la réunion.

Par ailleurs, il a été indiqué que le prochain dialogue UA-UE sur les droits de l'homme se tiendrait le 7 mai à Bruxelles.

En réponse au document présenté par l'UE concernant le renforcement de la coopération au sein des institutions internationales, l'UA a décidé d'ajouter un thème supplémentaire aux quatre déjà mentionnés. Ainsi, outre le processus de l'EPU, les droits des personnes handicapées, les droits des enfants et les droits économiques, sociaux et culturels, l'UA a proposé d'ajouter un cinquième thème relatif au racisme, à la discrimination fondée sur la race et à la xénophobie. L'UE consultera ses États membres et communiquera son avis lors de la prochaine réunion de l'iJEG.

Les délégués ont également discuté de la deuxième action prioritaire, relative au mécanisme africain d'évaluation par les pairs, et ont convenu d'examiner une proposition d'atelier lors de la prochaine réunion de l'iJEG en septembre.

Restitution culturelle

Les discussions relatives à la troisième action prioritaire, les biens culturels, se sont principalement concentrées sur le souhait de la partie africaine de voir aborder le problème de la restitution des biens culturels et des archives nationales. L'UE a maintenu que ce type de questions devaient être débattues dans le cadre de la stratégie commune Afrique-UE.

Les Africains et les Européens ont convenu d'élaborer un document sur lequel pourra s'appuyer la prochaine réunion de l'iJEG en vue de préparer un éventuel 2e plan d'action pour le partenariat.

Un exemple de réussite: les conseils locaux en Sierra Leone
En Sierra Leone, les gouvernements locaux élus avaient été abolis en 1972 et le pouvoir centralisé dans la capitale, Freetown. Une guerre civile a ensuite ravagé le pays de 1991 à 2002. Le nouveau gouvernement institué après les élections nationales de 2002 a alors adopté une loi sur l'administration locale, qui ouvrait la voie à des élections pour les conseils locaux en mai 2004. Grâce à un financement de l'UE et de la Banque mondiale, les 19 conseils locaux de Sierra Leone sont désormais sur pied et opérationnels. Les deuxièmes élections locales se sont tenues en 2008 et ont été jugées libres et équitables, tandis que, l'année précédente, des élections nationales s'étaient déroulées de manière pacifique. Cette situation relativement peu courante dans un pays sortant de la guerre est la preuve que le processus de réconciliation est en marche. Un fort engagement en faveur de la procédure de décentralisation en Sierra Leone a conduit les donateurs à apporter un soutien continu en vue de renforcer les capacités des conseils locaux. L'autonomie accrue vis-à-vis des procédures bureaucratiques centralisées de Freetown a contribué à renforcer l'efficacité au niveau local, ce qui a, à son tour, favorisé l'émergence d'une société civile active et dynamique dans le pays.