Agir avant la catastrophe

Agir avant la catastrophe

Mardi, 11 Mai, 2010

Les acteurs de la politique de développement doivent se réunir le 12 mai pour assister au 18e Briefing sur le développement organisé à Bruxelles. Cette session portera sur l'aide humanitaire et le développement rural et se concentrera tout particulièrement sur les efforts visant à réduire les risques de catastrophes naturelles.

La réunion, à laquelle participeront des représentants de la société civile de l'UE et des pays ACP, des réseaux de recherche, des gouvernements et des organisations internationales, visera à sensibiliser l'opinion publique aux stratégies en matière de réduction des risques de catastrophes (RRC).

Les pays les plus vulnérables aux catastrophes naturelles, dont le nombre et la fréquence ne cessent d'augmenter, sont souvent des pays en développement ne disposant pas des ressources nécessaires pour faire face à ces phénomènes. Aujourd'hui, le nombre moyen de catastrophes climatiques est trois fois plus élevé que dans les années 80. Les experts attribuent cette augmentation à l'effet négatif que le changement climatique a eu sur la fréquence et le nombre de catastrophes naturelles.

Rien qu'en 2008, un montant impressionnant de 14 milliards d'euros a été consacré à l'aide d'urgence afin de couvrir 50 catastrophes naturelles et conflits dans le monde. Cette somme devrait augmenter proportionnellement au nombre de catastrophes naturelles.

Tandis que les pays en développement s'efforcent de se frayer un chemin vers le développement économique, ce sont également eux qui sont les plus durement touchés lors de catastrophes naturelles, puisque celles-ci endommagent les infrastructures et freinent la productivité et la croissance. Cependant, la majeure partie de l'aide d'urgence est consacrée au renforcement de la capacité de réaction aux catastrophes. De nombreux experts estiment que ce n'est pas de cette manière qu'il convient d'aborder le problème. Si ces actions attirent l'attention des médias et bénéficient donc d'une grande visibilité, les stratégies de réduction des risques de catastrophes constituent une solution beaucoup plus fiable et bien plus efficace à long terme pour veiller à ce que les conséquences des catastrophes naturelles soient réduites au minimum.

Réduire les risques

La concentration des ressources sur la réduction de la vulnérabilité des communautés touchées par des catastrophes naturelles permettrait de fournir une aide humanitaire présentant un bon rapport coût-efficacité. De nombreuses stratégies peuvent être mises en œuvre pour promouvoir la réduction des risques de catastrophes, comme la reforestation dans des régions exposées aux glissements de terrain, ou encore la plantation de cultures appropriées et la formation de la population locale à des méthodes efficaces d'utilisation de l'eau dans les régions touchées par la sécheresse.

L'UE dispose de son propre programme pour la réduction des risques de catastrophes. Ce programme, intitulé DIPECHO, a déjà alloué plus de 186 millions d'euros depuis sa création en 1998. Les projets financés par DIPECHO mettent généralement l'accent sur la formation, le renforcement des capacités, la sensibilisation, l'établissement ou l'amélioration de systèmes d'alerte précoce locaux et l'élaboration de plans d'intervention. En Afrique, le programme se concentre surtout sur la région du Sud-Est, où les séismes, les inondations, les ouragans, les éruptions volcaniques et les sécheresses sont fréquents.

Les coûts économiques découlant de catastrophes naturelles sont 14 fois plus élevés que dans les années 50. C'est pourquoi il convient plus que jamais de concentrer les ressources sur la réduction des risques de catastrophes, car celles-ci entravent le développement et contribuent à la pauvreté. Aujourd'hui, l'aide au développement est dirigée de manière à couvrir trois grands domaines:

  1. l'aide humanitaire - axée sur le court terme
  2. l'aide publique au développement - qui dépend de l'existence d'institutions étatiques efficaces
  3. les activités de renforcement des capacités nationales - qui se concentrent sur la reconstruction du secteur public et non sur la cause des problèmes.

D'après la plate-forme mondiale pour la réduction des risques de catastrophes, les coûts des catastrophes et les avantages économiques de la RRC sont de plus en plus avérés.

Insécurité alimentaire

Lorsqu'elles se produisent, les catastrophes naturelles détruisent tout sur leur passage et anéantissent bien souvent les sources locales de nourriture. Et pourtant, aucune des stratégies mentionnées ci-dessus ne se penche sur la nécessité de lutter efficacement contre l'insécurité alimentaire à long terme. Pour ce faire, il est primordial de combiner un accès à court terme aux denrées alimentaires avec un développement structurel à long terme.

Les pays en développement étant les plus touchés, les catastrophes ne font qu'accroître l'écart de pauvreté au sein de la population et aggraver le taux de pauvreté.
L'aide alimentaire devient un problème de plus en plus sérieux en Afrique. En 2005, plus de 30 millions d'Africains ont eu besoin d'une aide alimentaire. Cette situation est parfois exacerbée par les conflits - qui sont fréquents sur le continent - puisque 20 % des personnes vivant dans les zones de conflit ou de post-conflit ne bénéficient pas d'un accès suffisant à des denrées alimentaires. Malgré cela, la Croix-Rouge indique que les gens sont plus souvent contraints de quitter leur maison pour des raisons environnementales que pour fuir un conflit.

Les plus pauvres sont également les plus durement touchés par les effets du changement climatique. La sécurité alimentaire, la santé et la qualité de l'eau sont les éléments qui influencent le plus la vie des gens et qui contribuent à augmenter le nombre de réfugiés environnementaux dans le monde.
Les catastrophes naturelles sont également l'une des raisons qui font que l'Afrique et l'Occident ne parviendront sans doute pas à atteindre l'objectif du Millénaire pour le développement (OMD) qui visait à réduire de moitié, d'ici à 2015, le nombre de personnes qui souffrent de la faim. L'insécurité alimentaire est aggravée par une grande instabilité politique, des conflits et la pandémie du VIH/SIDA.

La sécurité alimentaire étant directement liée à la pauvreté, il est essentiel de trouver des solutions à long terme pour soutenir les projets de développement structurel. C'est pourquoi la politique adoptée par l'UE dans le cadre plus large du partenariat stratégique Afrique-UE consiste à privilégier le soutien à de vastes plans de sécurité alimentaire aux niveaux national et régional plutôt que la distribution directe d'une aide alimentaire. Cependant, si l'objectif de réduire l'insécurité alimentaire à long terme en Afrique se trouve au centre de la politique européenne en matière de développement, celui-ci ne peut être atteint qu'à la condition de mettre en œuvre des stratégies nationales de réduction de la pauvreté.

L'aide alimentaire de l'UE est gérée par l'Office d'aide humanitaire et financée par l'intermédiaire du Fonds européen de développement (FED), de l'instrument de financement de la coopération au développement (ICD), de l'instrument européen de voisinage et de partenariat (IEVP) et du programme thématique pour la sécurité alimentaire.

Les personnes présentes lors de la réunion examineront de manière plus approfondie ces questions ainsi que d'autres. Parmi les participants figureront notamment des représentants de la Commission européenne, de la communauté des ONG, de la Croix-Rouge et de l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO).