2015: la fin du paludisme

2015: la fin du paludisme

Mercredi, 28 Avril, 2010

Alors qu'environ la moitié de la population mondiale est exposée au risque de paludisme et que cette maladie est responsable de près d'un million de décès par an, la Journée mondiale contre le paludisme cherche à mettre en lumière les efforts déployés pour endiguer cette maladie.

La plupart des décès dus au paludisme sont recensés en Afrique: on estime que, toutes les 45 secondes, un enfant africain meurt de cette maladie, qui est pourtant curable et évitable. C'est pourquoi la Journée mondiale contre le paludisme, qui a été créée par l'Organisation mondiale de la santé (OMS) en 2007 et qui sera célébrée ce 25 avril 2010, est un événement important pour mettre à l'honneur les actions entreprises afin de prévenir cette maladie.

Des plans ambitieux

Il y a à peine 60 ans, cette maladie était encore prévalente en Europe, mais des procédures sanitaires efficaces ont permis de l'éradiquer. L'OMS souhaite fournir un traitement à toutes les personnes atteintes de paludisme d'ici à la fin de l'année 2010. Ce plan ambitieux, comme l'a souligné le Secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-Moon, vise à atteindre une couverture universelle avant la fin de cette année et à réduire progressivement le nombre de décès dus au paludisme pour finalement éradiquer de manière définitive cette maladie d'ici à 2015. "En un laps de temps très court", a déclaré Ban Ki-Moon, "nous sommes passés d'une situation où l'on s'efforçait simplement d'enrayer la progression de la maladie à l'objectif réaliste qui consiste à prodiguer des soins efficaces et abordables à tous ceux qui en ont besoin."

Sous la houlette du partenariat Roll Back Malaria, ce plan prévoit d'installer plus de 700 millions de moustiquaires imprégnées d'insecticide, de distribuer plus de 200 millions de doses d'un traitement efficace, de procéder à une pulvérisation intradomicilaire dans près de 200 millions de foyers et d'effectuer environ 1,5 milliard de tests diagnostiques chaque année. La majorité de ces actions seront entreprises en Afrique, où la prévalence de la maladie est la plus élevée.

L'importance du financement

Pour atteindre ces objectifs, des moyens financiers conséquents devront être déployés. Le coût d'une telle opération se comptera probablement en milliards de dollars:

  • En 2010, 6,2 milliards de dollars US seront nécessaires;
  • De 2011 à 2020, les besoins sont estimés à environ 5 milliards de dollars US par an;
  • Par ailleurs, près d'un milliard de dollars US devra être investi chaque année dans la recherche et le développement pour financer de nouveaux instruments de prévention et de traitement.

Toutes les grandes institutions actives dans le domaine de la santé ont souligné l'importance d'un financement soutenu pour atteindre les objectifs de 2015, affirmant qu'un manque de financement aurait des conséquences désastreuses, en particulier pour l'Afrique.

Cependant, dans certains pays à fort taux de transmission, de simples mesures de prévention ne suffiront pas à éradiquer la maladie. Dans ce cas, il sera peut-être nécessaire d'étendre la période de contrôle jusqu'à ce que des méthodes efficaces soient développées afin de garantir des mécanismes appropriés pour prévenir toute résurgence de la maladie.

Dans certains pays, notamment en Afrique, où les taux de transmission sont élevés, le paludisme peut entraîner une chute importante du PIB national. L'OMS estime que cette perte peut s'élever jusqu'à 1,3 %, ce qui, à long terme, met les pays infectés par le paludisme dans une situation économique défavorable. Dans certains pays, le paludisme peut absorber jusqu'à 40 % du budget national consacré à la santé.

Vue d'ensemble

L'UE participe à un partenariat plus large dont l'un des objectifs est de lutter contre le paludisme. Le Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme a déjà engagé 19,3 milliards de dollars US pour combattre ces maladies. Depuis la création du Fonds en 2001, l'UE a contribué à plus de 55 % de son financement. Les fonds de l'UE sont alloués au titre du programme d'action qui s'étend jusqu'en 2011.

Le partenariat Afrique-UE s'est également engagé dans la lutte contre le paludisme dans le cadre du partenariat sur les OMD. Celui-ci cherche notamment à élaborer des stratégies conjointes pour améliorer l'accès aux médicaments et renforcer la capacité des pays africains à former et retenir le personnel de santé.