6ème déjeuner-colloque: les messages clés pour le 4ème Sommet Afrique-UE

6ème déjeuner-colloque: les messages clés pour le 4ème Sommet Afrique-UE

Jeudi, 06 Mars, 2014

Principales recommandations en vue de la réforme du prochain partenariat Afrique-UE

Tandis que les préparations du IVe Sommet Afrique-UE s’achèvent, les parties prenantes africaines et européennes se sont réunies à l’occasion du 6e déjeuner-séminaire le 6 mars 2014 pour exprimer leurs attentes quant au partenariat mais également pour partager leurs suggestions quant à l’obtention de résultats tangibles dans le futur. Le dernier séminaire a rassemblé plus de 130 participants en provenance d’organisations, de groupes de réflexion, des ambassades africains et européens ainsi que des représentants des Etats membres,  témoignant dès lors de l’intérêt des acteurs du partenariat intercontinental.

Les panélistes du sixième et dernier séminaire était composé d’une variété d’acteurs. Françoise Moreau, Chef de l’Unité panafricaine de la Commission européenne, a ouvert le séminaire en rappelant le contexte et proposant un résumé des messages principaux des cinq premiers séminaires. Lord Paul Boateng, Membre du Parlement britannique a entamé les discussions en présentant ses réactions aux messages principaux. Suivirent ensuite les interventions des autres intervenants, y compris Alix Masson du Forum européen de la jeunesse, Joseph Chilengi représentant la partie africaine du Comité de pilotage de la société civile ; Sally Nicholson de la partie européenne du Comité de pilotage de la société civile ; Xavier Verboven, membre du Comité économique et social européen ; Serguei Ouattara, de la chambre de commerce UE-Afrique (en tant qu’acteur du secteur privé). Parmi les représentants des états membres, se trouvaient S.E. Dr Brave Ndisale, Ambassadeur du Malawi ; S.E Mr Jagdish Koonjul, Ambassadeur de Maurice ; Filip David et François Cornet d’Elzius du Ministère belge des Affaires étrangères, et enfin Geert Laporte, Directeur adjoint de l’ECDPM (centre de réflexion).

L’UA et le SEAE, représentés par S.E. Ajay K. Bramdeo, Chef de la mission de l’Union Africaine près de l’UE ainsi que le Dr Nick Westcott, Directeur du département Afrique ont été invités pour interagir avec les intervenants et procurer de l’information pertinente sur le processus formel de négociation et les préparatifs du Sommet. La session a été modérée de façon dynamique par la consultante du Mécanisme d’appui du Partenariat Afrique-UE, Laura Shields, permettant dès lors aux intervenants ainsi qu’au public de répondre aux propos de tout un chacun.

L’ensemble des panélistes ont reconnu la pertinence du Partenariat Afrique-UE, soulignant l’approche à double sens, tout en relevant le caractère riche et complexe de ce Partenariat – conduisant inévitablement à des contraintes de mise en œuvre. Les points de vue exprimés soulignaient principalement la nécessité d’établir trois types d’actions :

(a)  Consolider et construire sur base des résultats obtenus au sein du Partenariat ;

(b)  S’inspirer davantage du potentiel des deux continents;

(c)   Changer la manière de faire des ‘affaires’ afin d’obtenir de meilleurs résultats.

 

REgroupement des résultats

  • Relance du dialogue politique en guise de moteur du Partenariat entre les Sommets : le dialogue politique – tant horizontal que sectoriel – au niveau ministériel est une condition nécessaire au pilotage des relations entre les deux continents.
  • La reconnaissance mutuelle des résultats et de la création d’un impact plus important: l’Afrique et l’Europe devraient accroître la visibilité des résultats positifs obtenus à ce jour. Et ce plus particulièrement pour les domaines tels que la paix et la sécurité, la sécurité maritime, la gouvernance démocratique, les droits de l’homme, la lutte contre le trafic illicite des biens culturels, les migrations, la recherche et l’innovation, les infrastructures, les applications technologiques liées à l’espace, le renforcement des capacités et fournir davantage d’efforts en vue de l’amélioration de l’impact direct sur les populations d’Afrique et d’Europe.
  • Sensibilisation accrue du partenariat dans les états africains et européens: l’Europe devrait replacer l’Afrique au cœur de ses priorités. Les nouveaux états membres européens devraient être sensibilisés davantage à l’intérêt stratégique du partenariat pour les deux continents.
  • Proposer un véritable partenariat ‘centré sur les populations’ en renforçant la participation et l’appui des organisations de la jeunesse et de la société civile africaines et européennes. L’habilitation et l’appui stratégiques des acteurs non-institutionnels sont perçus en tant qu’élément essentiel pour permettre aux deux continents de concrétiser le potentiel et les opportunités de leur relation.

 

Exploiter les nouvelles opportunites et le potentiel des deux continents

  • L'Afrique est la dernière frontière en matière d'investissements: Les opportunités qu'offre le marché africain sont inconnues par de nombreuses sociétés européennes; les secteurs privés d'Afrique et de l'UE doivent mieux se connaitre afin de collaborer plus efficacement (le manque d'infrastructures de communication peut influer sur le temps de réponses; les différences culturelles, notamment dans les affaires, doivent être appréhendées et abordées).
  • L'Afrique et l'Europe peuvent changer la donne en définissant des solutions mondiales: Constituant ensemble près de la moitié des membres des Nations Unies, l'Afrique et l'UE peuvent être très influents dans le règlement des problèmes mondiaux; les intérêts de l'Afrique et de l'Europe sont étroitement liés concernant un grand nombre de questions pressantes sur la scène internationale, telles que les négociations en cours sur le changement climatique et le Programme en faveur du Développement au-delà de 2015.
  • Investir davantage dans la protection sociale: De plus en plus de pays africains se rendent compte de l’importance de miser sur la protection sociale afin de parvenir à une croissance équitable et durable, et peuvent bénéficier du savoir-faire de l'Europe en la matière.
  • Intégrer la science et la technologie dans tous les domaines du partenariat: L'Afrique et l'Europe doivent investir davantage dans la recherche, la science, la technologie et l'innovation, pour notamment stimuler leur production agricole. Les universités et le secteur privé devraient être invités à collaborer davantage et à jouer un rôle de premier plan dans ce sens.
  • Renforcer l'investissement en faveur de la jeunesse africaine et européenne: L'emploi, la prospérité et la paix sur les deux continents requièrent plus d’efforts envers l’inclusion de la jeunesse et des appuis financiers à leurs initiatives conjointes ; Créer une facilité Afrique-UE pour la jeunesse pour s'attaquer aux défis communs et considérer la possibilité d’élaborer un programme conjoint de jeunes volontaires, qui aideront les jeunes à approfondir leur compréhension mutuelle, à exploiter les opportunités et à renforcer leurs relations ;Accroître les possibilités de mobilité et d'échange; Mettre en œuvre un plus grand nombre de programmes consacrés à l'entrepreneuriat sur les deux continents.

 

Changer la manière de « faire des affaires »

  • Avoir un nouveau regard sur l'autre: La perception mutuelle doit radicalement changer et les vieux stéréotypes doivent être évités. L'Afrique offre des solutions à de nombreux problèmes européens et inversement. Si l'Afrique ne doit pas uniquement percevoir l'Europe comme une puissance néocoloniale, l'Europe ne doit pas non plus considérer l'Afrique comme un continent ravagé par les conflits et une source de problèmes.
  • Tenir compte de l'identité culturelle et des différences cultures entre l'UE et l'Afrique: Il doit y avoir du respect mutuel dans la recherche d'accords sur les droits de l'homme, les questions politiques sociales et économiques, sans aliénation culturelle aucune entre l'UE et l'Afrique.
  • Travailler plus intelligemment: Les participants ont généralement reconnu la nécessité de mieux définir les priorités afin d’obtenir de meilleurs résultats, plus tangibles et visibles et de créer ainsi une dynamique. Il a également été reconnu que les processus d'établissement de priorités nécessitent du temps et des ressources, notamment en ce qui concerne la définition de priorités communes.
  • Aller de l’avant à travers des coalitions de ministres africains et UE sur des questions spécifiques et/ou les « Ambassadeurs de la stratégie commune ». Ces « coalitions de leaders » peuvent constituer un mécanisme pratique pour parvenir à des résultats utiles, notamment dans les forums internationaux.
  • Appliquer le principe d'égalité dans les relations au titre du partenariat: Bien que ce principe soit reconnu dans la Stratégie commune, il n'est pas systématiquement appliqué par l'une ou l'autre partie. L'Europe doit se départir de son approche parfois normative ou de la "politique de deux poids deux mesures". D'autre part, bien que prônant un "partenariat au-delà de l'aide", l'Afrique continue de réclamer l'aide financière, alors qu'elle devrait davantage contribuer financièrement aux programmes conjoints, et assurer ainsi une plus grande appropriation.
  • Reconnaître que le partenariat est un processus à double sens: L’Afrique possède des expériences dont l'Europe peut s'inspirer et inversement (comme par exemple la Commission vérité et réconciliation d'Afrique du Sud et les Balkans).
  • Définir plus clairement les intérêts ; reconnaître qu'il y a beaucoup à gagner dans un partenariat axé sur les intérêts: Chacun des partenaires doit définir plus clairement ses intérêts, ce qui permettra de développer une compréhension des priorités mutuelles et de faciliter ainsi la coopération. Par exemple, les APE sont une bonne chose pour l'UE car ils créeront des marchés d'exportation. Il est également de l’intérêt de l'UE pour un partenariat renforcé avec l'Afrique en matière de paix et de sécurité, et pour définir des programmes conjoints à l'occasion des forums multilatéraux. L'Afrique a aussi beaucoup à gagner dans ces domaines, et devrait être plus directe sur sa préférence à l’égard de l’EU par rapport à d'autres partenaires et notamment de son appréciation du modèle européen d'intégration régionale, de développement inclusif, de protection sociale, de l’équité de son système de mobilisation des ressources financières et d'imposition. La question relative à l'abandon de la dimension développement dans le partenariat a été débattue sans qu'il ne soit possible de parvenir à une conclusion en raison des utilisations diverses de ce concept - aide au développement/promotion des investissements, croissance et création d'emplois/etc.
  • Supprimer les sources d’irritation, de tension et de contradiction: Les négociations en cours sur les APE ont été le principal facteur d'irritation dans le cadre du partenariat, au cours des dix dernières années. Cependant, un accord a été trouvé en Afrique de l'Ouest concernant la conclusion d'un APE avec l'UE. Ceci pourrait conduire à des discussions plus ouvertes et constructives. Parmi les autres facteurs de mécontentement figurent notamment les approches excessivement normatives et la conditionnalité appliquées par l'UE, tandis que l'UE déplore l'absence de progrès du côté de l'Afrique vers moins de dépendance à l'égard des ressources de l'UE, en dépit des nombreuses déclarations appelant à l'établissement d'un partenariat, qui ne soit plus dominé par l'aide.
  • Apporter des résultats sur les enjeux continentaux et créer une dynamique: Le partenariat doit mettre davantage l'accent sur les enjeux mondiaux ayant un impact sur les deux continents, tels que les négociations multilatérales, la réforme des institutions internationales, la mobilité et les menaces planétaires.
  • Se doter de mécanismes de mise-en-oeuvre et de suivi plus efficaces: Utiliser et appuyer les processus et systèmes endogènes afin d'obtenir de meilleurs résultats, de produire un plus grand impact, et de favoriser l'appropriation. En outre, il convient de définir des indicateurs de performance pour mesurer les progrès, l'impact et l'efficacité des décisions politiques. Cela permettra de mesurer la valeur et l'investissement réalisés à l'occasion des forums et ateliers, et de les mettre en corrélation avec des résultats concrets sur le terrain.
  • Garantir une approche plus inclusive, avec la participation de la jeunesse africaine et européenne, ainsi que des acteurs de la société civile, aussi bien aux niveaux des politiques que de la mise en œuvre, dans les différents domaines du partenariat conjoint, et accroître le rôle des groupes de la diaspora.

 

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Rapport final

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