Une étape supplémentaire dans la lutte contre la traite des êtres humains
Les 1 et 2 décembre 2011, Johannesburg a accueilli une réunion technique sur les enquêtes et poursuites pénales à l’encontre des trafiquants d’êtres humains ainsi que la protection des victimes et témoins en Afrique et en Europe, dans le cadre de l’initiative AU.COMMIT et du Partenariat Afrique-UE sur les migrations, la mobilité et l’emploi (MME).
La réunion, qui a réuni des États de toute l'Afrique et de l'UE, des organisations internationales et des organisations de la société civile, visait à faciliter l'échange d’expériences nationales et régionales ainsi que de bonnes pratiques.
La réunion fut ouverte par Olawale Maiyegun, Directeur des Affaires Sociales au sein de la Commission de l’UA, et Christophe Larose, Responsable de secteur Gouvernance et Affaires sociales au sein de la Délégation de l'UE auprès de la République d’Afrique du Sud. Mr Maiyegun a rappelé que la réunion témoigne des liens étroits entre les deux continents et de l’objectif d’une meilleure gestion de la migration au bénéfice de l’Afrique, de l’Europe, mais aussi des migrants eux-mêmes. Mr Larose a mentionné que le choix de l’Afrique du Sud est particulièrement pertinent afin d’y discuter des défis et des politiques concernant la traite des êtres humains, car la région de l’Afrique australe est particulièrement exposée à ce crime encore relativement inconnu.
La réunion a porté principalement sur des recommandations et des initiatives potentielles afin d’appliquer le pilier « poursuite » de l’AU.COMMIT en Afrique de l’ouest, du centre, de l’est et en Afrique australe.
Cadres juridiques pour poursuivre les trafiquants d’être humains
Les Etats membres de l’UA et l’UE ont fourni des efforts significatifs dans le domaine de la lutte contre la traite des être humains, particulièrement en termes d’adoption de cadre juridique en matière de protection des témoins et des victimes et de poursuite des trafiquants.
Certaines communautés économiques régionales africaines, telles que la CEDEAO en Afrique de l’Ouest, ont fait des étapes pour améliorer la coopération en matière de lutte contre la traite. La CEDEAO a adopté à cette fin un plan d'action régional qui appelle à une harmonisation des législations et de la coopération transfrontalière. Les Etats membres de l'UE ont cherché à harmoniser la législation pénale sur la traite et la délivrance de permis de séjour aux victimes de la traite au sein de l’UE, et ont adopté un plan d'action sur les meilleures pratiques, normes et procédures pour prévenir et combattre la traite. Cependant, sur les deux continents, des lacunes existent encore entre la législation et la mise en œuvre effective sur le terrain, en particulier dans le domaine de la poursuite, l'éducation, la sensibilisation et la recherche de données fiables sur ce phénomène. Un autre défi est l'amélioration de la cohérence et les synergies entre les efforts nationaux et régionaux dans la lutte contre la traite et de son impact global.
Les discussions sur l'identification des victimes et la poursuite des trafiquants ont mis à jour les défis importants que rencontrent les enquêteurs et les procureurs, tels que la peur de témoigner, la culture et les traditions. Comme l'a déclaré Mme Patience Quaye, chef de l’Unité de la police ghanéenne de lutte contre la traite, «l'utilisation de la peur et du vaudou est un outil puissant dont les auteurs de la traite disposent afin de réduire au silence les victimes et représente ainsi un défi quotidien en matière de poursuites». Il a été rappelé aux participants l’importance d’assurer un suivi adéquat des victimes, qui veille à pourvoir à leurs besoins et leur réintégration. Au Ghana, un suivi des enfants sauvés des trafiquants à permis à l'administration ghanéenne de les réinstaller dans des écoles, facilitant ainsi leur réinsertion.
Enquêtes criminelles et coopération transnationales

Obtenir des chiffres concrets sur la traite, et les analyser, est nécessaire pour appréhender les tendances, les itinéraires et les facteurs incitatifs et dissuasifs de la traite. Les parties prenantes au niveau national, régional et international doivent contribuer à cet échange d’information. La création d'unités spéciales et l'établissement de points focaux régionaux qui pourraient assurer la liaison avec des organisations et des autorités comme Interpol et les institutions gouvernementales, ont fait partie des suggestions pour améliorer l'échange d'informations entre les administrations des pays d'origine, de transit et de destination.
En conclusion, il a été rappelé aux partenaires que, depuis le sommet de Lisbonne, le dialogue et la coopération entre l'Afrique et l'Europe sur la migration, la mobilité et l’emploi s’est intensifié. Dans ce contexte, et plus particulièrement celui du partenariat Afrique-UE sur les migrations, la mobilité et l'emploi, la lutte contre la traite des êtres humains demeure une priorité.
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