L’Union européenne et l’Union africaine renforcent leur coopération spatiale
Dans le cadre du partenariat stratégique entre l’Union européenne et l’Union africaine, Bruxelles a accueilli, le 15 septembre 2010, sous présidence belge de l’UE, la 6e rencontre du groupe conjoint d’experts pour la science et la technologie, la société de l'information et l’espace (GCE8). La réunion a permis de faire le point sur la mise en œuvre du partenariat et son deuxième plan d’action (2011-2013).
Elle a été suivie d’une réunion de dialogue politique entre acteurs clés dans le domaine de la coopération spatiale, coprésidée par M. Antonio Tajani, vice-président de la Commission européenne, chargé de l’industrie et de l’entrepreneuriat et le professeur Jean-Pierre Ezin, commissaire pour les ressources humaines, la science et la technologie de la Commission de l’Union africaine, en présence, entre autres, de Mme Sabine Laruelle, ministre belge de la politique scientifique, M. Jean-Jacques Dardain, directeur général de l’Agence spatiale européenne et M. Lars Prahm, directeur général de l’Organisation européenne pour l’exploitation des satellites météorologiques EUMETSAT.
L’espace au service du citoyen africain
Le 16 septembre, des responsables politiques, scientifiques et industriels de haut niveau ont participé à la conférence «L’espace pour le citoyen africain», organisée par la Commission de l’UA, la Haute Représentation belge pour la politique spatiale et la Commission européenne.
Dans son discours, le vice-président Tajani a souligné que «la conférence démontre la pertinence des technologies spatiales et des services qui en découlent pour favoriser le développement et la croissance, faciliter la bonne gestion des ressources et contribuer à des politiques dans divers domaines tels que la sécurité alimentaire, la santé et l'éducation».
Il a exprimé son engagement personnel et celui de la Commission européenne «pour renforcer la coopération entre l'Europe et l'Afrique afin d'assurer aux citoyens africains un accès aisé aux services spatiaux et le renforcement des capacités et des institutions spatiales.
Mon ambition est de faire prendre conscience aux citoyens africains (et européens!) de l'aspect incontournable de l'espace pour faire face aux défis majeurs auxquels nous sommes aujourd'hui confrontés. L'espace n'est pas un luxe, c'est une nécessité. Seule cette prise de conscience permettra de franchir la prochaine étape, pour faire profiter le citoyen africain des services offerts par l'espace».
Les nouvelles technologies spatiales sont devenues indispensables et se sont introduites, parfois sans qu’on s’en aperçoive, dans notre vie quotidienne, a relevé le commissaire Ezin. «Les transactions quotidiennes aux guichets automatiques bancaires, les conversations par téléphone mobile, l’internet, les systèmes de positionnement mondial et de radionavigation dépendent de l’espace».
Selon lui, l’Afrique ne recourt pas suffisamment aux ressources spatiales pour son développement durable. Le plan d’action pour la science et les technologies en Afrique, a-t-il souligné, prône le lancement d’un ambitieux programme spatial africain qui contribuera à la gestion des ressources naturelles et à la sauvegarde de la biodiversité du continent.
Deux initiatives clés, à savoir l’Institut des sciences de l’espace de l’université panafricaine et une future agence spatiale africaine, ont été au centre des débats, ainsi que la contribution des technologies spatiales et de leurs applications au développement global de l’Afrique.
Une future agence spatiale africaine
Elle conforterait la place de l'Afrique parmi les nations ayant la maîtrise de l'espace et, ce faisant, l'agence spatiale africaine aiderait à endiguer le départ des meilleurs chercheurs africains vers d'autres continents
Le vice-président Tajani s’est réjoui de la récente décision des ministres africains des communications de charger la Commission de l’UA de mener une étude de faisabilité sur la création d’une agence spatiale africaine. «Elle conforterait la place de l'Afrique parmi les nations ayant la maîtrise de l'espace et, ce faisant, l'agence spatiale africaine aiderait à endiguer le départ des meilleurs chercheurs africains vers d'autres continents», a-t-il souligné.
La future agence devrait apporter une plus-value significative en coordonnant étroitement les activités spatiales africaines et en contribuant au développement des capacités locales. Le commissaire Jean-Pierre Ezin a indiqué que l’Afrique du Sud, l’Égypte, l’Algérie et le Nigeria, notamment, ont développé leurs propres programmes spatiaux avec des infrastructures adéquates. Et «quelques pays ont déjà créé leur propre agence nationale de l’espace».
La Commission européenne, l’Agence spatiale européenne et EUMETSAT1 - l’Organisation européenne pour l’exploitation des satellites météorologiques - ont offert leur expertise et leur expérience en appui à ce projet.
L’Institut des sciences de l’espace de l’université panafricaine
La mise en place de cet institut permettra de promouvoir les sciences de l’espace en Afrique, en renforçant la coopération entre universités ainsi qu’entre les universités et l’industrie. La Commission européenne pourra, via ses programmes de recherche, mettre en œuvre des partenariats scientifiques pour appuyer l’initiative qui bénéficierait aussi de l’expérience de l’Institut européen d’innovation et de technologie (EIT).
Les transactions quotidiennes aux guichets automatiques bancaires, les conversations par téléphone mobile, l’internet, les systèmes de positionnement mondial et de radionavigation dépendent de l’espace
«Cette initiative africaine mérite le soutien de l'Europe. Le futur Institut pour les sciences spatiales deviendra avec le temps le centre d'excellence qui assurera la formation des ingénieurs et scientifiques qui alimenteront les agences spatiales des nations africaines et bien entendu la future agence spatiale du continent africain», a souligné le vice-président Tajani.
Le commissaire Ezin a estimé, quant à lui, que «le temps est venu pour l’Afrique de se doter des moyens d’assurer des formations et une recherche spatiales de haut niveau, de créer des connexions technologiques entre ses pays et régions et avec d’autres continents». Des consultations sont en cours, a-t-il indiqué, «pour installer, dans les prochains mois, l’Institut des sciences de l’espace de l’université panafricaine en Afrique australe».
Concernant la coopération euro-africaine en matière d'observation de la Terre et la navigation par satellite, les participants ont souligné le rôle crucial de l’initiative GMES-Afrique (Surveillance mondiale africaine pour l'environnement et la sécurité). Lancée en décembre 2007, au sommet UE-Afrique de Lisbonne, elle doit permettre de répondre aux besoins des utilisateurs africains dans des domaines comme le changement climatique, la gestion des ressources en eau et la sécurité alimentaire. Le plan d’action GMES pourrait être adopté au sommet UE-Afrique qui se tiendra fin novembre à Tripoli (Libye) et finalisé au printemps 2011.
Le projet AEGOS (le système africain-européen d’observation des ressources minérales, hydrogéologiques et géothermiques de l’Afrique) et l’extension d’EGNOS, premier système de satellites européens de navigation, à l’Afrique, ont également été évoqués. Le vice-président Tajani a rappelé que l’Afrique ne représente aujourd'hui que 3 % du trafic aérien mondial mais 19 % des accidents aériens dans le monde. «Avec EGNOS, la sécurité des transports aériens serait augmentée, notamment avec la réduction des accidents pendant la phase d'approche et d'atterrissage des aéroports. Les bénéfices associés à cette augmentation de sécurité en Afrique sont estimés à plus d'un milliard d'euros!»
Les résultats de la réunion du groupe d’experts et du dialogue politique ainsi que les conclusions de la conférence «L’espace pour le citoyen africain» seront communiqués au sommet UE-Afrique de novembre.
Elle conforterait la place de l'Afrique parmi les nations ayant la maîtrise de l'espace et, ce faisant, l'agence spatiale africaine aiderait à endiguer le départ des meilleurs chercheurs africains vers d'autres continents
Les transactions quotidiennes aux guichets automatiques bancaires, les conversations par téléphone mobile, l’internet, les systèmes de positionnement mondial et de radionavigation dépendent de l’espace
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